Mémoires de Wallonie

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Les rues de Louvain-La-Neuve

avenue Albert Einstein

plan détaillé avenue Albert Einstein
1348 Louvain-la-Neuve Belgique

Einstein

Einstein (Avenue Albert) E9-F10

Einstein (parc scientifique)

Conseil communal du 25 février 1975 (avenue) et du 25 novembre 1996 (parc scientifique).

Toponyme créé (toponyme non descriptif).

* Thème des sciences exactes

* Thème du patrimoine européen et universel.

C’est en 1995 qu’il a été décidé d’appeler les différents quartiers du parc scientifique du nom d’une personnalité de renommée internationale et qui soit, si possible, également le nom d’une artère du quartier. Ce qui fut fait ici [PV 40]. On a tenu compte à cet égard des souhaits des entreprises installées dans les « parcs scientifiques » (déterminé adopté à l’époque), qui désiraient des noms de scientifiques ou d’industriels connus sur le plan international et évitant une série de « problèmes ». Problème linguistique : « Frankignoul », par exemple, inventeur des « pieux Franki », était jugé trop difficile à prononcer pour des anglophones. Problème des marques de fabrique : « Ferraris », par exemple, auteur de la première carte d’état-major de « Belgique » (des Pays-Bas, sous le gouvernement autrichien) risquait d’entraîner la confusion avec la marque de voiture. Etc. [PV 43].

* Né en Allemagne en 1879, le physicien Albert Einstein est une des figures les plus marquantes de la science contemporaine. On l’a souvent classé dans la lignée d’un Newton qui l’a précédé de plus de deux cents ans. Populaire de son vivant, il l’est resté au-delà de sa mort en 1955, surtout par la réponse qu’il donna en 1905 à la question : « L’inertie d’un corps dépend-elle de son contenu énergétique ? ». Sa réponse est que la masse « m » d’un corps est la mesure de sa capacité d’énergie « E ». Elle se résume par la formule lapidaire : E = mc2, où c, la vitesse de la lumière dans le vide, « est indépendante de l’état du mouvement de la source lumineuse ». Cette assertion est à la base de la relativité, qualifiée plus tard de « restreinte » par rapport aux développements qu’Einstein allait lui donner quelques années plus tard dans la théorie de la relativité « générale » qui est restée confinée dans un cercle restreint de scientifiques.

Quelques mois avant cette publication, il avait trouvé l’explication de l’effet photo-électrique : « Il me semble en effet que les observations […] seront mieux compréhensibles si l’on admet que l’énergie lumineuse se répartit discontinûment dans l’espace […] en un nombre fini de quanta d’énergie localisée dans l’espace, qui se propagent sans se diviser… ». Le photon était né et avec lui la dualité onde-corpuscule de la lumière considérée comme pure onde électromagnétique. Cette découverte allait ouvrir quelque vingt ans plus tard la voie à la mécanique ondulatoire (ou quantique) régissant le microcosme : Louis de Broglie inversait la démarche d’Einstein en associant à la matière traditionnellement considérée comme corpusculaire, un nouveau type d’onde, les ondes de matière.

Ces deux mémoires d’Einstein, dont le second sur l’effet photo-élecrique lui valut explicitement le prix Nobel de physique en 1921, nous permettent de comprendre, notamment, comment et pourquoi et pour combien de temps le soleil nous arrose d’énergie qui chauffe notre planète et lui donne la vie grâce à la photosynthèse. Ces découvertes ont conduit l’homme du XXe siècle à l’utilisation de l’énergie nucléaire ou à l’électrification par panneaux solaires. La science mène souvent à des résultats « utiles » par des voies le plus souvent inattendues mais surtout, elle ouvre le chemin à une vision nouvelle de l’univers et de ses habitants.

Cette dernière remarque caractérise l’œuvre d’Einstein entre 1907 et 1911, où seront mis en lumière les principes de la relativité généralisée qui introduisent l’équivalence d’un champ de gravitation et d’un système accéléré sans gravitation. La façon de comprendre la chute d’une pomme ou l’attraction terre-lune par une force à la Newton en sort totalement bouleversée. Cette dernière est pourtant une manière pratique et d’ailleurs la seule utilisée pour traiter des problèmes tels que le lancement d’un véhicule sur la lune ou sur Mars ou encore celui du rendez-vous de cosmonautes dans un laboratoire spatial, parce que les masses en jeu et leurs vitesses sont faibles. Il n’en est plus de même quand on veut se faire une image de l’histoire de notre univers en expansion depuis 15 à 20 milliards d’années ! Les masses et les vitesses en jeu sont énormes et l’approximation Newtonienne n’est plus valable. La vision d’Einstein de la gravitation dépasse-t-elle la simple spéculation ou l’attrait d’une formulation mathématique élégante ? Les « équations de la gravitation » prévoyaient qu’un rayon lumineux serait dévié au voisinage de masses importantes : en 1919, la preuve expérimentale en était faite et remettait ainsi en cause définitivement la vision newtonienne de la gravitation.

« De savant connu et apprécié d’une élite, Einstein devient dès 1919, une vedette connue du monde entier » (R. Debever). « Il faut qu’il existe des hommes qui servent pour les autres de porteurs d’illusions et j’en suis devenu un de façon extraordinaire. Aussi longtemps que l’on reconnaît soi-même cette situation, qu’importe » (A. Einstein).

Albert Einstein assistera à Bruxelles, en 1911, à la naissance des illustres Conseils Solvay et à celui de 1913 avant la Première Guerre ; on l’y retrouvera en 1927 et 1930. Il est invité pour la première fois, avec son violon, au palais de Laeken par la reine Élisabeth en 1929. Il lui vouera jusqu’à sa mort amitié et estime.

La montée du nazisme et de son antisémitisme arrête Einstein en Belgique en 1933 sur son chemin de retour en Allemagne après l’un de ses nombreux déplacements. Cette même année, il porte son choix sur une des nombreuses institutions qui souhaitaient se l’attacher ; il émigrera finalement aux États-Unis qui l’accueillent à Princeton. Dès 1939, nonobstant le pacifisme qui l’a animé toute sa vie, il écrit une lettre au président des États-Unis l’informant des dangers que représenterait la mise au point par l’Allemagne d’une bombe nouvelle à explosif nucléaire. Il attire l’attention du président Roosevelt sur l’importance des gisements d’uranium du Congo belge. La suite est tout un chapitre de l’histoire du XXe siècle !

P. Macq

→  Frankignoul.


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