Mémoires de Wallonie

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Les rues de Louvain-La-Neuve

boucle des Harmonies

plan détaillé boucle des Harmonies
1348 Louvain-la-Neuve Belgique

Harmonies

Harmonies (boucle des) [abandonné]

Harmonies (rue des)         H6

Conseil communal du 21 mars 2006.

Toponyme créé (toponyme non descriptif).

*    Thème de la musique.

Un sous-quartier des Bruyères est dédié au thème de la musique, et plus spécialement de la musique traditionnelle de Wallonie [PV 42]. Le choix d’une « rue des Fanfares » [PV 55] (et d’une « rue des Harmonies ») n’est pas anodin : comme le rappelait Pierre Bartholomée, un de nos plus grands musiciens, à propos de la musique en Wallonie : « il faudrait évoquer l’histoire et la vie des grandes chorales, des harmonies et des fanfares magnifiques qui ont, longtemps, constitué une des incomparables richesses du mouvement musical en Wallonie » (L’imaginaire wallon. Jalons pour une identité qui se construit, p. 140)…

*   « Harmonie » est un terme qui revêt de multiples acceptions. Néanmoins, utilisé au pluriel, dans nos régions, il désigne un ensemble instrumental composé d’instruments à vent – bois et cuivres –, et de percussions. Contrairement à une fanfare qui ne comprend que des cuivres – clairons, trompettes, tubas et cors par exemple –, l’harmonie possède des bois tels que des clarinettes, des saxophones ou des flûtes. Qu’elles se nomment fanfares ou harmonies, ces sociétés instrumentales sont souvent l’initiative d’amateurs et non de professionnels, sauf dans le cas de musique militaire. Apparues au début du XIXe siècle, on en compte plus d’une centaine vers 1830, dont les plus anciennes seraient la Royale harmonie de Pâturages et la Royale harmonie de Wasmes (1804).

De nos jours, on trouve encore de nombreuses harmonies dans les villes et villages de Belgique, où elles jouent un rôle social et culturel important : ce rôle va de la formation musicale, à l’animation des fêtes locales, en passant par l’organisation de nombreuses réunions amicales que les répétitions de tels ensembles nécessitent.

En dehors de ce sens précis désignant une formation instrumentale bien particulière, l’« harmonie » est un terme communément utilisé en musique et dont l’une des plus anciennes acceptions rejoint celle du langage courant. Au temps des premiers philosophes grecs réunis autour de Pythagore, l’harmonie signifiait un état d’équilibre entre différents éléments — la terre, l’eau, le feu, l’air —, entre les parties corporelles et spirituelles de l’homme, entre les différentes saisons, etc. Cet équilibre bien proportionné de substances très diverses, parfois même contraires, se reflète dans la musique où l’assemblage de sons différents, de hauteurs sonores distinctes, crée une mélodie unie et agréable. La musique devient dès lors le miroir sensible de l’harmonie du créé. Aussi, nombreuses sont les analogies entre l’ordre harmonieux de l’univers et une belle composition musicale qui en est le reflet. L’idée d’un univers « musical », c’est-à-dire proportionné de façon analogue aux proportions que l’on trouve dans la musique, se poursuit bien au-delà de l’Antiquité. Au XVIIe siècle, un contemporain et ami de Descartes, le Père Mersenne écrit encore un vaste ouvrage L’harmonie universelle, dans lequel les analogies musicales sont légions pour expliquer l’équilibre du monde et de l’homme.

À ce sens très général du terme, s’ajoute une signification plus précise à partir du XVIIe siècle. L’harmonie désigne alors un type d’écriture musicale bien précis qui privilégie une écriture verticale — une mélodie soutenue par des blocs d’accords — au détriment de l’écriture horizontale qu’était la polyphonie de la Renaissance — plusieurs mélodies simultanées d’égale importance mais qui ensemble forment une belle unité. La science harmonique vise à comprendre et à appliquer, d’abord de façon empirique au XVIIe siècle, puis de façon plus théorique au XVIIIe siècle, l’enchaînement des différents accords qui soutiennent une mélodie. Jean-Philippe Rameau, dans son Traité de l’Harmonie réduite à ses principes naturels, établit en 1722, de façon très cartésienne, la logique de ce langage musical qu’il considère comme le fondement même de la musique. Encore aujourd’hui, les étudiants d’académie de musique et de conservatoire suivent des « cours d’harmonie » qui leur apprennent les lois à la fois naturelles et complexes des enchaînements d’accords, que ce soit en musique classique ou en jazz.

Bibliographie : A. Baines et S. Sadie, Harmonie, dans The Oxford Companion to Music., Oxford Music Online (dernière consultation le 26 septembre 2010) ; Commission royale belge de Folklore. Section Wallonne, Sociologie de la musique populaire. Harmonies et fanfares (Contributions au renouveau du Folklore en Wallonie, t. V), Bruxelles, 1971 ; La Musique en Wallonie et à Bruxelles, sous la dir. de Ph. Mercier et R. Wangermée, 1982, p. 268-274 ; R. Wangermée, Les société de musique, dans La musique en Belgique, sous la dir. d’E. Closson et Ch. Van Den Borren, Bruxelles, 1950, p. 421-431.

B. Van Wymeersch


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