Les rues de LLN

rue de Clairvaux

rue: rue de Clairvaux
canton postal: 1348
localité: Louvain-la-Neuve
description:

Clairvaux

Clairvaux (rue de) A8-B7

Conseil communal du (16 septembre 1980).

Toponyme créé (toponyme non descriptif).

* Thème du patrimoine européen et universel.

* En 1115, l’abbé de Cîteaux, Étienne Harding, envoie Bernard de Fontaines et quelques moines de sa famille (ses quatre frères, son oncle, ses cousins) fonder l’abbaye de Clairvaux (Aube, France), au diocèse de Langres. La communauté s’installe au Val d’Absinthe, propriété d’un cousin de Bernard, dans un comté de Champagne, aux confins de celui de Bourgogne. À partir de 1116, les premières grandes donations arrivent et deux exploitations agricoles voient le jour. Bernard veille au recrutement et, dès 1118, Clairvaux crée sa première abbaye fille, Troisfontaines. En 1119, ce sera Fontenay et, en 1121, Foigny. En devenant un des chefs du parti du pape Honorius II, en 1130, Bernard va se faire connaître dans l’Église et dans l’Europe politique. Les fondations claravaliennes vont aller en se multipliant. Après la démission d’Étienne Harding en 1133 et sa mort en 1134, l’influence de Bernard sur l’Ordre cistercien devient déterminante et elle ne fait que s’amplifier dans l’ensemble de la chrétienté. À sa mort, en 1153, les abbayes cisterciennes de la filiation de Clairvaux sont au nombre de 169 sur un ensemble de 352 : près de la moitié !

L’abbaye même de Clairvaux a connu un développement remarquable. Il est vrai qu’en l’absence de Bernard, souvent en voyage, le monastère a été dirigé par des prieurs d’envergure, tout particulièrement Geoffroy de la Roche Vanneau, qui sera à l’origine de la construction d’une nouvelle abbaye (Clairvaux II) et que Bernard fera nommer évêque de Langres en 1138. En 1153, il y avait, pense-t-on, 800 moines et convers à Clairvaux. L’abbaye cultivait à l’époque 355 hectares et disposait de plus de 1 800 hectares de bois. Après la mort de Bernard, la richesse continuera à s’amplifier : on cite 43 moulins, 230 hectares de vignes avec 6 celliers et 27 pressoirs, 1 000 hectares de prés de fauche en 1330. En 1250, sur 651 abbayes cisterciennes, 339 sont de la filiation claravalienne. Mais l’abbaye s’est souvent enrichie sur la misère des gens et l’on a pu écrire que, cinquante ans après la mort de Bernard, son œuvre était ruinée.

Clairvaux n’échappa pas aux crises de l’Ordre. Le nombre des moines alla en diminuant. Ils n’étaient plus que 60 en 1697 et 26 moines et 10 convers en 1790. C’est cependant pour ce nombre sans cesse réduit de moines que Clairvaux II fut démolie au XVIIIe siècle, pour faire place à une nouvelle et somptueuse abbaye du style classique de l’époque. Ces nouveaux bâtiments furent vendus lors de la Révolution, le 15 janvier 1792. L’abbaye fut rachetée par l’État le 27 août 1808 et Napoléon en fit une prison.

Les abbayes wallonnes du XIIe siècle (Orval, 1132 ; Villers, 1146 ; Aulne, 1147 ; Cambron, 1148 ; Valduc, 1180) et du XIIIe siècle (Val-Saint-Lambert, 1202 ; Grandpré, 1231) appartiennent à la filiation de Clairvaux. Par contre, les monastères du XVe siècle, dont plusieurs remplacèrent des abbayes féminines en crise (Moulins, 1414 ; Le Jardinet, 1430 ; Nivelles, 1441 ; Boneffe, 1461 ; Rochefort, 1454) furent intégrés à la branche de Cîteaux.

Bibliographie : Bernard de Clairvaux. Histoire, mentalités, spiritualité, Paris, 1992 ; A.H. Bredero, Bernard de Clairvaux. Culte et Histoire, Turnhout, 1998 ; Histoire de Clairvaux. Actes du colloque. Juin 1990, Bar-sur-Aube, 1991 ; J. Leclercq, Bernard de Clairvaux, Paris, 1989 ; G. Vilain et J.-F. Leroux, L’abbaye de Clairvaux, Langres, 2003.

O. Henrivaux

     

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