Les rues de LLN

place du Puddleur

rue: place du Puddleur
canton postal: 1348
localité: Louvain-la-Neuve
description:

Puddleur

Puddleur (place du) F5

Conseil communal du 9 novembre 1976.

Toponyme créé (toponyme non descriptif).

* Thème des métiers traditionnels de Wallonie.

* Thème du patrimoine wallon.

« Place du Puddleur » évoque une technique ancienne de la fonte de l’acier en mentionnant le nom de l’ouvrier qui y travaille. La graphie « puddleur » a été préférée à « puddler » car la finale du premier de ces deux mots d’origine anglaise a été francisée. « Le Puddleur » est aussi une œuvre de Constantin Meunier, qui a également donné son nom à une rue adjacente.

* Dans la Wallonie industrielle du XIXe siècle, beaucoup d’ouvriers se spécialisent dans les métiers liés à l’extraction du charbon ou au travail du fer. Ainsi, le terme « puddleur » désigne l’ouvrier employé au puddlage, opération qui consiste à transformer la fonte en fer en lui faisant perdre son carbone et qui requiert de fortes capacités physiques. Une masse de 200-250 kilos est versée par un manœuvre sur la sole. Le brassage de la fonte commence alors. Le puddleur doit demeurer en permanence près du four qui chauffe à environ 900°C. Aveuglé par la clarté incandescente du métal chauffé à blanc, il ne peut s’en éloigner. Il doit sans cesse retourner la masse de métal pâteux dans tous les sens à l’aide d’un ringard, longue barre d’acier, qu’il jette lorsqu’il devient trop chaud. Après un quart d’heure, un fort bouillonnement se produit ; le métal déborde parfois par la porte du four. Malgré tout, le brassage se poursuit avant que la masse ne soit séparée en loupes (grosses boules). Renouvelée trois fois par jour, cette opération dure près de deux heures à chaque fois. Les loupes sont ensuite cinglées sous le marteau-pilon afin d’en extraire les impuretés. Le puddleur risque à tout moment de perdre la vue à cause de l’explosion des barres enflammées que l’on jette dans l’eau. Il ne porte ni lunettes ni masque pour se protéger des explosions.

Le puddlage s’apprend sous l’autorité des aînés et nécessite, outre de la force physique, expérience et habileté. Recruté parmi les ouvriers les plus vigoureux et les plus expérimentés de la forge ou des hauts fourneaux, le puddleur est souvent en pleine force de l’âge (vers 35 ans). Toutefois, il n’exerce son métier que pendant dix ans. Au bout de ce terme, il est touché par un vieillissement prématuré de l’organisme dû à l’insalubrité des conditions de travail et à la dureté des tâches. Il est alors contraint d’abandonner sa fonction et d’exercer un autre métier, situé plus bas sur l’échelle sociale (par exemple, manœuvre). Malgré un salaire relativement élevé, le puddleur participe aux nombreuses grèves afin de revendiquer de meilleures conditions de travail.

Habitant la région du Borinage touchée par une forte fièvre industrielle, Constantin Meunier observe les ouvriers qui travaillent dans les charbonnages et les grandes usines sidérurgiques. Dans plusieurs de ses œuvres, il les dépeint avec un grand réalisme. En 1886, il exécute un bronze du puddleur.

Bibliographie : J. Corbion, Le savoir… fer, glossaire du haut fourneau, le langage… (savoureux parfois) des hommes du fer et de la zone fonte du mineur… au cokier d’hier et d’aujourd’hui, 3e éd., s.l., 1989, p. 61 ; P. Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, français, historique, géographique, biographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique […], Paris, 1865-1890, t. XIII, p. 395-396.

S. Pasleau

Meunier.

  

Classé dans : Les Bruyères
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